En 2018, je me suis de plus en plus intéressée à la culture afro, grâce à la littérature ou aux podcasts. J’ai lu No home et j’ai redécouvert Toni Morrison avec L’œil le plus bleu. J’ai écouté de fantastiques podcasts tels que Kiffe ta race ou Extimité. J’ai suivi activement des militantes afroféministes comme Rokhaya Diallo que l’on ne présente plus, Laura Nsafou qui est l’autrice du formidable Comme un million de papillons noirs ou Kyiémis, poétesse à l’origine de À nos humanités révoltées. Bref, 2018 a été riche en découvertes, j’ai appris à déconstruire des préconçus que j’avais inconsciemment, à me familiariser à la culture afro à la fois si proche et si éloignée de moi, car on en parle peu, et qu’on ne l’apprend pas à l’école et qu’on en parle peu et rarement bien dans les médias.

Pourtant, restait une zone d’ombre (et même plusieurs, car ce n’est pas en 12 mois que l’on comble des lacunes qui s’étendent sur plusieurs années), je connais très peu, voire aucun artiste noir. Et par artiste, j’entends des peintres ou sculpteurs. Et c’est justement alors que je faisais ce constat que l’exposition sur Jean-Michel Basquiat avait lieu à Paris.

Je ne suis pas une spécialiste en art, j’ai quelques bases grâce à mes cours d’histoire de l’art et à des professeurs d’Histoire passionnés au collège, donc il n’y aura pas d’analyse poussée ici. Juste mon œil neuf et peut-être un peu naïf de novice.


Je ne vous cache pas qu’avant de faire cette expo : je n’étais pas très emballée ou sensible au trait des tableaux de Basquiat, car en termes d’art, ce n’est ni ce que l’on est habitué à voir, ni ce que l’on est habitué à étudier. Les influences de Basquiat sont multiples : la musique et plus particulièrement le jazz, Andy Warhol, les violences policières aux Etats-Unis, la condition noire, l’esclavage, les super-héros Marvel ou DC…

Il se dégage une certaine violence dans l’épaisseur des traits de ses illustrations, on voir qu’ils ont été tracés du premier coup, parfois en un seul mouvement. Ce sont justement ces traits épais qui caractérisent son œuvre qui mélange peinture, graffitis et dessins, et la rend facilement identifiable. Ses peintures ont souvent pour support des matériaux récupérés dans la rue, parfois réagencés au format de toiles. Certains motifs sont récurrents dans ses peintures, comme la mythique couronne à trois pointes qu’il utilise pour souligner la grandeur et l’importance de ce qu’il illustre. Le texte est aussi très présent dans ses œuvres, souvent pour dénoncer les oppressions subies par la communauté noire américaine, comme dans les œuvres ci-dessous.

Plus que l’esthétique de l’artiste, c’est la visée symbolique, dénonciatrice et engagée de son œuvre qui m’ont séduite. Chacune de ses œuvres est riche en détails graphiques, et que suis persuadée qu’en les regardant à nouveau, on peut y repérer un élément que l’on avait pas vu auparavant ou leur trouver un sens nouveau.

A propos de l’artiste :

  • Jean-Michel Basquiat (22/12/1960 – 12/08/1988)
  • Né d’un père haïtien et d’une mère portoricaine
  • Peintre d’avant-garde populaire
  • Pionnier du mouvement underground
  • Influences artistiques : Andy Warhol, Pablo Picasso, Cy Twombly, Robert Rauschenberg, Jean Dubuffet
  • Périodes : Néo-expressionnisme, Primitivisme, Art contemporain

Pour aller plus loin :

  • Trois choses à connaître sur Jean-Michel Basquiat – France Culture
  • Film : Jean Michel Basquiat : The Radiant Child (2009) – bande-annonce
  • La veuve Basquiat, Jennifer Clement, Christian Bougois éditeur (2016)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s