La femme gelée – Annie Ernaux

Résumé : Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un « cadre », mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c’est une femme gelée. C’est-à-dire que, comme des milliers d’autres femmes, elle a senti l’élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d’enseignante. Tout ce que l’on dit être la condition «normale» d’une femme.

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Éditions Folio – 1er avril 1987 – 192 pages – 6,20€ – Genre : Mémoires et autobiographies – Feuilleter le livre


Cette lecture a été effectuée dans le cadre du TEP bookclub du blog Tout est politique que je vous recommande fortement, ainsi que son compte Instagram.

J’ai découvert l’œuvre d’Annie Ernaux avec Une femme en 2015. Je me suis replongée dans ses écrits en 2018 avec Passion simple qui m’avait moins convaincue, et pour bien commencer 2019, je replonge dans son œuvre avec délectation grâce à La femme gelée. 

Annie Ernaux est notamment réputé pour son oeuvre autobiographique et sociologique, ces deux termes combinés peuvent faire peur. Ça a été mon cas lors de mon premier contact avec l’autrice en cours de littérature. On aurait tendance à penser que ses écrits sont difficiles d’accès, mais il n’en est rien. Ses livres sont accessibles et elle aborde des sujets qui peuvent, au moins en partie, parler à son lectorat (sa relation à sa famille, son émancipation, la dépendance affective, etc.).

Dans ce roman, Annie Ernaux nous présente tout d’abord les femmes qui ont constitué son entourage lorsqu’elle était enfant. Des femmes loin de l’image soignée, délicate ou tendre qu’on attendait d’elle à cette époque. Ce premier modèle entre vite en confrontation avec les enseignements que les Sœurs lui apprennent à l’école, mais aussi avec le modèle parental de ses camarades. En effet, sa mère n’est pas une ménagère ou une cuisinière assidue et son père ne rechigne pas à aider à la cuisine ; sa mère est sans conteste la figure forte du couple tandis que son père est bien plus calme, loin de l’image du chef de famille imposant. Les injonctions qui l’entourent la pousseront petit à petit à avoir honte de cette famille déviante. Tout au long de sa vie, elle sera partagée entre son envie de liberté et de libre arbitre qui la pousseront à privilégier les découvertes, et se conformer, sans vraiment le vouloir, à un carcan imposé par la société.

Là où j’aurais certainement eu du mal à apprécier ce genre de schéma dans un livre d’un.e autre auteur.rice, j’ai trouvé la plume d’Annie Ernaux juste et touchante. J’imagine qu’une part de moi s’est en quelques sortes retrouvé dans sa difficulté à trouver sa place dans un monde où ses aspirations ne correspondent pas aux normes ou aux attentes que l’on a pour vous en tant que femme. Elle y évoque son enfance, son adolescence, sa vie d’adulte, de mère, d’épouse, de professeure, cette difficulté d’être une femme « acceptable » sur tous les plans. Autrement dit, cette charge mentale qui a pesé sur ses épaules des années durant et comment elle s’en est retrouvée prisonnière.

Je ne suis certes pas d’accord avec tout ce qu’elle nous raconte, mais puisqu’il s’agit d’une expérience unique, la sienne, elle ne se veut absolument pas universelle.

Est-ce que vous avez déjà lu une oeuvre d’Annie Ernaux ? Si oui laquelle ? Si non, quel livre de cette autrice vous tente ?

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